• par Nadine Foissotte

    16 mai 2020

     

    Il éclate avec une fureur sans égale

    Feu rougeoyant, ardent et ravageur  

    Dans tout votre être, il s’empale

    Attaque sans pitié votre cœur

    Le broie, le lamine et déloyal

    S’éteint, laissant cendres et douleur

     

    Il crépite dans la cheminée…

    Les flammes dansent joyeusement

    Alors que derrière les vitres gelées

    Le froid étreint le village endormi

    Une douce chaleur nous envahit

    Le cœur se desserre doucement.


    1 commentaire
  • Nadine Foissote

    20 novembre 2019

     

    la perte

    le deuil

    l’absence insupportable

                la chaleur de l’amitié

     

    Une étoile a souri

    La terre continue de tourner

     

    le canot

    les vagues

    l’eau engloutit les corps

                SOS Méditerranée reprend la mer

     

    Une étoile a souri

    La terre continue de tourner

     

    l’humiliation

    le harcèlement

    le viol

              génération me too

     

    Une étoile a souri

    La terre continue de tourner

     

    le mensonge

    la manipulation

    Trump, Johnson, Erdogan

                et Mandéla, Obama, Malala *

     

    Une étoile a souri

    La terre continue de tourner

     

    réchauffement climatique

    pollution

    gâchis

                les enfants se mobilisent

     

    Une étoile a souri

    La terre continue de tourner

     

    la couleur

    la religion

    la haine de l’autre

                Ami donne-moi la main

     

    Une étoile a souri

    La terre continue de tourner

                                                                                    * Prix Nobel de la paix

     


    votre commentaire
  • Nadine Foissotte

    2018

     

    Saisir sa bicyclette, la pencher pour mieux l’apprivoiser,

    l’enfourcher sans empressement, se placer sur la selle,

    caler le pied sur la pédale,

    d’une poussée énergique trouver son équilibre,

    enfin s’élancer sur la chaussée inondée de lumière.

     

    Emprunter au hasard les petites routes

    nul bruit ne vient perturber la promenade,

    exceptés ceux millénaires d’une brise légère dans les bouleaux,

    du hennissement d’un cheval dans la prairie,

    du bruissement des ailes de deux moineaux qui se disputent,

    du bourdonnement des abeilles qui s’activent inlassablement.

    Seule concession à l’instant présent,

    le frottement des pneus sur le revêtement rêche et irrégulier de la route bitumée.

     

    Ca et là, la terre expire en brume diaphane

    les derniers vestiges de la rosée nocturne,

    dans l’azur moutonneux,

    l’astre solaire s’associe à l’effort pour procurer une douce tiédeur 

     

    Enfin, au bout du chemin,

    ineffable enchantement chaque fois renouvelé,

    le Mont Saint Michel, majestueux et immuable, invite à la pause.

    Se laisser bercer par les battements incessants de la mer,

    suivre le vol de quelques mouettes.

    observer un nuage jusqu’à sa dissolution complète. 

    fermer les yeux.

    laisser couler le sable chaud et soyeux entre ses doigts …

    laisser couler le temps… et, flotter, flotter paisiblement… sans penser.

    juste engranger pour plus tard cette douce torpeur réparatrice,

    cette bienfaisante sérénité… rompue par une voix venue de loin, de très loin :

    On repart ?


    1 commentaire
  • Nadine Foissotte

    3 octobre 2018

     

    Après un dernier virage, la route départementale où l’on pouvait se garer sans crainte, tant elle était peu fréquentée, nous guidait vers l’étroit sentier qui partait du vieux pont.

    Déjà on distinguait la clairière. Derrière l’entrelacement des aulnes et des frênes, le soleil s’amusait avec les feuilles pour projeter sur le tapis d’herbe vert tendre, des taches flamboyantes dansant au gré du balancement des branches. Bordant le chemin, les premières hélophytes nous plongeaient dans le monde inconnu et mystérieux du bord de l’Avre.

    Comment résister au plaisir de vous citer la grande glycérie, cette graminée aux gracieux plumets qui ne peut rivaliser avec le roseau commun orné de son magnifique panicule plumeux, tous sublimés par une lumière incomparable ! Une roselière de massettes à feuilles larges, aux longs tubes bruns, s’étendait sous nos yeux ravis. Ces roseaux nous réjouissaient, nous les comparions à une colonie de gros cigares et déjà le bien-être nous envahissait, étourdis par cet univers inhabituel.

    Un léger froissement d’ailes, quelques poules d’eau que nous dérangions s’éparpillaient bien vite sous les futaies et fuyaient les intrus.

    Le bruit léger de l’eau qui courait caressant les longues herbes, nous faisait allonger le pas. Ici il fallait sauter pour enjamber un petit ruisseau dans lequel s’épanouissaient la dorine à feuilles opposées, le cresson de fontaine et la menthe aquatique.

    Des brassées de parfums nous enivraient.

    Sous les saules dont les racines retenaient la berge, quelques iris fanés badinaient avec leurs fines et gracieuses branches qui semblaient faire la révérence à leur maîtresse, la rivière.

    La salicaire aux épis de couleur pourpre, la lysimaque et ses inflorescences de fleurs jaunes formaient des ensembles harmonieux, dus à un invisible et extraordinaire jardinier.

    C’est avec précaution que nous posions nos paniers dans l’herbe fraîche par de chauds et jolis dimanches d’été. La nature nous accompagnait et c’est avec respect que nous repartions repus de bon air et fourbus par les froides et revigorantes baignades.

     

    Vous et moi qui aimons tant écrire, j’ai eu envie de vous transcrire ces quelques lignes d’Alfred de Musset :

    « Pour écrire à ceux qu’on aime,

    Est-il besoin de tant d’esprit ?

    La plume va, court d’elle-même

    Quand c’est le cœur qui la conduit »

     

     


    1 commentaire
  • Nadine Foissotte

    6 décembre 2017

     

    Je suis libre
    Comme la feuille qui danse sous l’alizé
    Comme la fumée qui s’élève du foyer

    Tu es libre
    Comme les nuages détalant dans le ciel    
    Comme l’enfant aux cheveux couleur de miel

    Elle est libre
    Comme le voile enlevé, son choix assumé   
    Comme le corps dénudé prêt à s’exposer
     
    Nous sommes libres
    Comme les vagues qui dansent sur l’océan
    Comme les étoiles luisant au firmament

    Vous êtes libres
    Comme le chaud soleil protecteur des moissons
    Comme la neige nous offrant ses blancs flocons
     
    Ils sont libres
    Comme l’esclave enfin délivré de ses chaînes  
    Comme tous les hommes libérés de leurs haines  
     


    …Etre libre
    Comme le bel oiseau sorti de sa cage
    Comme les mots qui gambadent sur ma page
     


    votre commentaire


    Suivre le flux RSS des articles de cette rubrique
    Suivre le flux RSS des commentaires de cette rubrique