• Que la lumière soit !

    par Aimé Lamouroux

    2014

     

    Les Saintes-Maries-de-la-Mer.

    Troisième semaine d’août. Une belle journée ensoleillée avec légère brise marine.

    En ce début d’après-midi, assis sur un banc de pierre face à l’église fortifiée, je contemple le va-et-vient incessant des vacanciers qui font les boutiques avant d’aller sur la plage se livrer au rituel des expositions solaires. Les journées caniculaires sont terminées, quelques orages ayant vers le 15 août rafraîchi l’atmosphère. La lumière aveuglante de juillet a cédé la place à une lumière plus contrastée, faisant davantage ressortir les façades colorées des maisons, les stores bariolés des cafés et des magasins de souvenirs, et donnant plus de relief aux silhouettes des passants. A cette heure les terrasses des restaurants commencent à se vider tandis que les ruelles étroites se remplissent d’une foule bigarrée de plus en plus compacte. Quelques agglomérats stagnent devant les étalages, ralentissant le flux des promeneurs et des curieux. Les uns hésitent entre le chapeau de gardian et la chemise provençale ; d’autres discutent bruyamment avant de porter leur choix sur un souvenir de la région : le taureau en matière plastique, la croix camarguaise, ou la paire de banderilles qui leur rappellera la sanglante corrida à laquelle ils ont assisté la veille pour la première et souvent la dernière fois. Tous prennent inlassablement des photos, généralement avec des téléphones portables qui ont peu à peu remplacé les encombrants réflex d’autrefois ; des photos de tout et de n’importe quoi, le plus souvent d’ailleurs d’eux-mêmes, sous la forme de selfies qu’ils s’empresseront d’envoyer, via Facebook, à leurs nombreux amis.

    Sur mon banc, bercé par le brouhaha de la foule, je somnole paisiblement, ce qui est naturel à cette heure après une gardianne de taureau accompagnée d’un agréable rosé de Provence. Je n’ai pas eu le courage de pénétrer dans l’église pour aller honorer les saintes, Marie Jacobé et Marie Salomé, ainsi que leur servante Sara, la patronne des gitans. Il faut dire qu’en cette période l’atmosphère y est difficilement respirable à cause des nombreux visiteurs qui se succèdent inlassablement et des dizaines de cierges qui se consument en permanence. Ceux qui les ont déposés espèrent que les saintes exauceront leurs prières, leurs vœux, ou de simples demandes : « Saintes Maries, faites que la récolte du riz soit bonne cette année ; Saintes Maries, faites que je puisse enlever quelques cocardes à la course libre de dimanche prochain sans me faire encorner; Saintes Maries, faites que mon amoureux me soit toujours fidèle… » Ils quittent ensuite l’église apaisés et heureux. L’espoir fait vivre !

    Ma femme et le jeune couple qui nous accompagne, une petite cousine et son mari, n’ont pas hésité par contre à pénétrer dans l’église sombre et enfumée. A la sortie du restaurant, ils m’ont dit, en prenant des mines entendues : « On va faire un tour à l’église. » J’ai feint l’étonnement, mais je me doute de ce dont il s’agit : la jeune femme et son mari désirent ardemment un enfant, et l’heureux évènement commence à tarder. Ils sont donc allés prier les saintes et leur demander d’intercéder en leur faveur pour activer les choses. Ils vivent en région parisienne, sont en vacances dans le midi, et nous sommes heureux de les accueillir pendant quelques jours. Lui est ingénieur informatique, elle, professeur de mathématiques. Malgré leur formation scientifique et leur esprit cartésien, en désespoir de cause, ils se sont mis depuis bientôt une année à solliciter toutes les forces naturelles et surnaturelles réputées capables d’améliorer la fécondité : boisson de l’eau de sources dites miraculeuses, contacts intimes avec des rochers ou des arbres magiques, invocation de saints spécialisés dans la fécondité, consultations de guérisseurs réputés infaillibles… Ils espèrent ainsi éviter de faire appel à la fécondation in vitro dont la lourdeur les rebute. Mais jusque là toutes ces tentatives sont restées vaines ; même Saint Greluchon, saint très célèbre dans le sud du Berry en matière de fécondité, s’est révélé inefficace. Aussi, ma femme leur a certainement conseillé d’aller prier les Saintes Maries en espérant qu’elles voudront bien prendre en considération leur demande. Connaissant mon scepticisme à l’égard de ces pratiques, ils ont préféré ne pas me mettre dans la confidence, craignant sans doute que par quelques plaisanteries je libère des ondes négatives capables de faire capoter leur entreprise.

    Soudain une voix éraillée me tire de mes réflexions : « vie… vie… vie… » Je lève la tête et découvre une vieille femme présentant un visage recuit et parcheminé, une sorte de momie ambulante. C’est la mort en personne qui vient me chercher, pensé-je un instant. Elle a vraiment mal choisi son heure ! Par une si belle journée, alors que tout allait si bien ! Heureusement, il ne s’agit que d’une gitane et cela me rassure partiellement. Elle poursuit : « vie… vie... » Mais que veut-elle donc cette vieille peau ? Je ne vais tout de même pas lui donner ma vie pour lui faire plaisir ! A la rigueur, la bourse ? Pourtant elle insiste : « vie… ligne vie… pas cher… », en me montrant la paume de sa main. Je comprends enfin. Elle veut lire mon avenir dans les lignes de ma main, moyennant rémunération, évidemment. J’avais oublié que c’est une spécialité des gitanes. Elle sourit, voyant que j’ai enfin compris, découvrant des mâchoires largement édentées, dont les quelques dents qui restent, couronnées d’or, renvoient de vifs éclats sous le feu du soleil. Elle pense certainement avoir trouvé le bon pigeon. « Ligne vie … amour… richesse… », articule-t-elle péniblement. Tu parles ! Amour, j’ai déjà ma femme et ça me suffit bien. Richesse, j’ai assez pour vivre et que ferais-je d’une fortune ? Je n’ai aucune envie d’avoir le destin du roi Midas. Avenir, je ne veux surtout pas le connaître. Elle serait bien capable en lisant les lignes de ma main de m’annoncer quelques mauvaises nouvelles et de me casser le moral pour la journée. Pire, elle pourrait prendre un air inquiet et compatissant pour finalement me dire que, étant donné ce qu’elle voit, elle préfère ne rien dire. Sans compter que, moyennant finances, elle me proposerait certainement un remède magique pour arranger le cours de mon destin, remède qu’il me serait difficile de refuser. Il faut que je me débarrasse de cette sorcière avant qu’elle ne m’embobine complètement, aussi je la rabroue rudement : « Dégage vieille taupe ! Je ne veux pas savoir ! Je m’en fous de mon avenir ! Va chercher d’autres pigeons à plumer. » Voyant ma mauvaise humeur, elle n’insiste pas. Elle s’éloigne en marmonnant des paroles inintelligibles, zigzaguant dans la foule à la recherche d’une autre victime. Mais je sens, que de loin elle me surveille du coin de l’œil, et que je reste un gibier potentiel.

    Pour être plus tranquille et éviter une nouvelle attaque, je vais m’installer à quelques dizaines de mètres à la terrasse d’un café. Normalement, les terrasses sont interdites aux gitanes et autres vendeurs à la sauvette, les cafetiers désirant préserver la tranquillité de leur clientèle. De là, je la vois aller et venir parmi les visiteurs de l’église, disparaissant parfois, puis réapparaissant, accostant les passants sans relâche, leur proposant ses services, mais sans succès. En la voyant ainsi s’activer pour gagner un peu d’argent j’en viendrais presque à regretter de l’avoir renvoyée rudement. Après tout, c’est son gagne-pain et sa vie ne doit pas être rose tous les jours. Toutefois, je me suis toujours méfié de ceux qui disent posséder le don de voyance et s’affublent de titres ronflants comme « Monsieur Doumala, grand médium voyant ; professeur Rabamine, spécialiste des travaux occultes ; Amélia, médium de naissance et clairvoyante qui lit dans le cœur de l’âme sœur… » Je les évite donc soigneusement. Même si l’on considère leurs prédictions comme des élucubrations dont on doit s’amuser, on ne peut s’empêcher de les garder en mémoire. Une seule fois dans ma vie j’ai fait cette expérience : c’était dans une foire, avec quelques copains, auprès d’une « diseuse de bonne aventure », comme on les appelait alors. Nous étions jeunes, et l’idée de connaître ce que serait notre vie nous amusait. Je n’ai jamais oublié son nom qui figurait en grosses lettres sur son baraquement : Madame IRMA, voyante. Après m’avoir examiné la main, elle avait annoncé d’une voix caverneuse : «Vous aurez beaucoup de chance dans votre vie, vous vous marierez, vous travaillerez, vous aurez des enfants. » Rien d’exceptionnel en somme. Et comme je lui demandais si je deviendrais vieux, elle m’avait répondu avec un air préoccupé : « Au moins jusqu’à environ soixante ans, après je ne vois plus très bien. » J’étais rassuré. Quand on a douze – treize ans, soixante ans d’existence, c’est l’éternité. On a toute la vie devant soi. Le problème, c’est que maintenant, je suis arrivé à la soixantaine. Malgré les années, je n’ai pas oublié cette prédiction et je pense parfois que si elle n’avait rien vu, c’est qu’il n’y a peut-être plus rien à voir.

    Mais le temps passe et il faut que je retrouve ma famille. Je quitte la terrasse du café et retourne vers l’église. Personne… Je descends dans la nef, surpris par l’obscurité, et instinctivement me dirige vers le chœur illuminé. Dans une chapelle latérale, les saintes, Marie Jacobé et Marie Salomé, debout dans leur barque, impassibles au dessus des flammes tremblotantes des cierges, me regardent avec commisération et même une lueur de réprobation dans les yeux. Me reprocheraient-elles mon incrédulité ?

    Ils ne sont pas dans l’église. Ils doivent faire les boutiques dans la rue principale. La rue n’est pas très grande, je devrais facilement les retrouver. Je sors donc de l’église, désorienté par l’aveuglante lumière, et cherche la direction de la rue des commerces. Soudain j’entends derrière moi : « monsieur, monsieur… porte-bonheur, acheter porte-bonheur. » Je reconnais aussitôt la voix. Décidément, elle ne me lâchera pas, la vieille glu : elle a retrouvé ma trace et reprend l’offensive. « Ma petite-fille vend belle médaille… médaille porte-bonheur, pas cher, pas cher. » Je me retourne. Je suis face cette fois, non pas à une, mais à deux gitanes et, ô surprise, autant la vieille est moche à faire peur, autant la jeune est ravissante : une brunette aux yeux de braise, moulée dans une robe rouge à volants noirs, belle à faire se damner un saint. Esméralda en personne ! Subjugué, je me demande même un instant si le diable ne se cache pas dans cette divine apparition. Elle me toise effrontément et tend un joli panier en osier. Posées sur un velours noir, de petites médailles dorées à l’effigie des saintes jettent mille feux pour mieux me soumettre à la tentation. Elle accompagne son geste d’un charmant sourire qui laisse entrevoir des dents blanches, immaculées, et se termine par une petite moue boudeuse et engageante.

    - Alors, comment les trouvez-vous mes médailles ? dit-elle d’une voix suave. Elles portent bonheur… et si vous faites un vœu, il sera exaucé, vous pouvez en être sûr. Vous m’en prenez une ? Vingt euros seulement !

    Revenu sur terre, je contemple ces médailles de pacotille, probablement fabriquées en Chine, qui ne doivent pas avoir de grands pouvoirs si ce n’est dans l’imagination. Mais elle me fixe toujours avec son sourire enjôleur et insiste :

    - Vous m’en prenez une ? Elles éloignent le mauvais sort…

    J’hésite. Si je m’écoutais, je prendrais tout le panier et la vendeuse avec. Mais seules les médailles sont à vendre.

    - Alors, vingt euros seulement ?

    Je faiblis.

    - Vingt euros seulement…, tout juste le prix d’un repas au restaurant et du bonheur garanti.

    Je sens que je vais craquer, mais je résiste encore. Après quelques secondes d’incertitude, non par superstition mais par amour de l’humanité, voilà une bonne excuse à ma faiblesse…, je craque.

    - Allez, donnez m’en une. Voici vos vingt euros.

    Elle triomphe.

    - Vous verrez, vous ne le regretterez pas ! Elles ont beaucoup de pouvoir mes médailles. Elles sentent ce que l’on désire même si on ne leur demande rien, insiste-t-elle avec un brin de moquerie dans la voix.

    La garce, elle a un sacré culot. Maintenant qu’elle a fait affaire, elle se fiche ouvertement de moi. Je regarde la vieille. Elle m’adresse un sourire narquois qui semble dire : tu vois, tu faisais le malin mais tu t’es quand même bien fait avoir. On en a maté d’autres, et de bien plus coriaces. Puis toutes deux s’éloignent en palabrant joyeusement.

    En les regardant disparaître dans la foule, l’une dans la fleur de l’âge, l’autre usée par le poids des années et qui devait ressembler à sa petite-fille autrefois, je ne puis m’empêcher de penser que la nature est vraiment inconséquente, qui produit de si belles créatures pour les laisser ensuite se dégrader inéluctablement.

    J’examine la médaille. Suivant son orientation par rapport au soleil, elle s’illumine comme irradiée par une sorte d’énergie céleste. Après tout, pourquoi n’aurait-elle pas de pouvoir magique ? Et si elle n’en avait pas, j’aurais toujours la satisfaction d’avoir fait plaisir aux deux bohémiennes. Je la glisse dans ma poche et décide quand même de ne pas parler de mon achat : qu’un incrédule se soit laissé aller à acheter un porte-bonheur, cela pourrait prêter à moqueries. Ma femme et nos cousins ne s’en priveraient pas.

    D’ailleurs, je les vois qui arrivent encombrés de quelques paquets et présentant la mine réjouie des gens satisfaits de leurs trouvailles. J’attaque, moqueur :

    - Je suis sûr que vous êtes allés faire vos dévotions à l’église.

    - Bien sûr, reprend ma femme, mais ce n’est pas tout.

    Je commence à m’inquiéter :

    - Comment cela, ce n’est pas tout ?

    Ils me montrent leurs emplettes : notre cousine a acheté une robe d’arlésienne, son mari, un pantalon de gardian, et ma femme, une énorme cigale en céramique pour décorer la maison. Elle a sans doute voulu me faire plaisir en pensant, qu’après notre retour dans la région parisienne, lorsque le ciel sera gris et pluvieux, elle me rappellera le soleil du midi.

    - Et puis, il y a aussi cette médaille. C’est un porte-bonheur.

    Dans le creux de la main notre cousine me présente une petite médaille dorée avec le profil des deux saintes. Je la reconnais immédiatement et m’exclame :

    - Ce n’est pas possible ! Vous vous êtes bien fait avoir !

    - C’est deux gitanes qui nous l’ont proposée en affirmant qu’elle va nous porter bonheur. Pour vingt euros, je n’ai pas pu refuser et j’ai fait le vœu d’avoir un enfant.

    - Comment peut-on croire à de telles balivernes à notre époque ? m’exclamé-je. Mais, voyant sa mine déconfite, pour ne pas gâcher son plaisir, j’ajoute aussitôt :

    - Après tout, tu as eu raison de la prendre. Si cela ne fait pas de bien, cela ne peut pas faire de mal. Et puis, sait-on jamais ?

    L’après-midi se termine agréablement par une promenade en bateau. Après avoir longé la côte sablonneuse, l’embarcation pénètre dans l’embouchure du Petit Rhône et remonte le fleuve. Pendant quelques kilomètres nous avons tout loisir d’admirer la terre sauvage de Camargue, née de la rencontre des eaux douces de la terre avec l’eau salée de la mer. De temps en temps, parmi les touffes de saladelles et de salicornes, apparaissent des taureaux et des chevaux, isolés ou en petits groupes, tandis que des vols de flamants roses viennent compléter ce décor des milliers de fois reproduit sur les cartes postales. Par moment, le pilote coupe le moteur et le bateau glisse alors silencieusement sur l’eau en ralentissant. C’est l’occasion d’admirer tantôt un héron cendré, tantôt un ragondin, plus rarement une aigrette, qui cherchent leur nourriture entre les tamaris et parmi les roseaux. Quelle paix après l’agitation tumultueuse de la ville !

    Je repense aux gitanes. Elles doivent poursuivre leur activité d’arnaque auprès des touristes qui ne demandent qu’à se laisser tenter. Cela fait partie du folklore. Le scénario, bien huilé, va se poursuivre jusqu’aux derniers beaux jours, puis, après la période estivale, les rues se videront, la plupart des commerces fermeront, et la ville retrouvera sa sérénité.

     

    Quelques semaines passent. Voici l’automne. Les belles journées d’été ne sont déjà plus qu’un souvenir. Nous téléphonons de temps en temps à notre cousine pour prendre des nouvelles : L’heureux évènement tant attendu n’est toujours pas là. C’est à désespérer…

    Parfois je lui rappelle que toutes les solutions n’ont pas été envisagées et qu’il reste encore la possibilité de faire appel à la médecine. En effet, les FIV sont actuellement de plus en plus utilisées avec succès pour remédier aux problèmes de stérilité : une proposition qui la laisse de marbre et qu’elle ne veut toujours pas envisager.

    Finalement, il ne sera pas nécessaire d’en passer par là ; comme quoi il ne faut jamais désespérer… C’est courant novembre que nous parvient par téléphone la bonne nouvelle. Notre cousine, émue et joyeuse, nous l’annonce : elle est enceinte ; les tests de laboratoire l’ont nettement confirmé. Je lui rappelle en plaisantant que c’est certainement grâce aux Saintes Maries, et nous en rigolons, heureux de repenser à cette bonne journée de détente au bord de la mer. Elle doit passer une échographie dans une quinzaine de jours qui permettra de vérifier si tout est en ordre et de mieux fixer le début de la grossesse. J’admire cette technique : pouvoir déjà distinguer un petit corps, sa tête, ses membres, les battements du cœur, parfois des premiers mouvements, tout un début de vie en gestation, pour moi, c’est magique.

    Le jour de l’examen nous attendons impatiemment le résultat. Notre cousine nous appelle en fin d’après-midi. Tout de suite elle nous tranquillise : il n’y a pas de souci à se faire, tout est normal. Toutefois, au son de sa voix, nous la sentons préoccupée. Tout va très bien, mais… mais il y a une surprise. La surprise, c’est qu’elle attend non pas un, mais deux enfants. Des jumeaux ! Nous en restons bouche bée d’étonnement.

    Subitement, je me souviens de la médaille qu’elle avait achetée aux gitanes, puis de la mienne, que j’avais complètement oubliée au fond de la poche de ma veste. Tout s’éclaire : un plus un égale deux. C’est l’évidence ! La logique est respectée.

     

    Et la lumière fut : moi, l’incrédule, qui ne croyait qu’à ce qu’il voyait, mais qui ne voyait peut-être que l’apparence des choses, j’étais ébranlé. N’était-il pas possible que, là où l’on ne pouvait voir qu’une simple coïncidence, il y eût un signe qui me soit adressé, un signe destiné au sceptique que j’étais, qui, pensant détenir la vérité, n’avait pas pris conscience de son aveuglement ? C’est avec cette interrogation que je repensais aux Saintes Maries : n’avaient-elles pas voulu m’envoyer un message pour me faire comprendre que tout n’est pas aussi simple qu’on peut parfois le croire et me faire douter de mes certitudes ?

     


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