• Soleils noirs

     par Chantal Duneau

    14 février 2018

     

    Le soleil

    Sur la carte du temps

    Très lentement

    Descend.

     

    Ses longs rayons obliques

    Jaloux de leurs couleurs

    Sans cesse réinventées,

    Éclatent à l’horizon de nos vieilles cités.

     

    Sur un ciel indécis

    Suspendu un moment

    Aux portes de la nuit

    Il joue de tout son art

    Sur de secrètes cordes.

     

    Et le cœur s’abandonne

    En cet instant fugace,

    Lâchant toute rancune

    Oubliant ses défaites

    Et ses peurs tenaces.

     

    C’est sans tristesse aucune

    Qu’il peut s’approprier

    La beauté du tableau

    Avant que les ténèbres

    Ne viennent tout recouvrir.

     

    Pourtant, de ce couchant,

    Sous l’impassible voûte,

    Jaillissent l’or et le sang

    Nous rappelant soudain

    Qu’en un lointain si proche

    Et presque chaque soir

    Un soleil noir

    Se noie,

    En méditerranée.

     

     


  • Commentaires

    1
    JPL
    Lundi 19 Mars à 18:21

    Quel plaisir de retrouver ton texte ici! Je l'avais aimé dès la première lecture, les suivantes ne font que confirmer. Le contraste entre les premières strophes est la dernière fait toute l'émotion, sans pathos, simplement mais avec quelle force! Merci d'avoir enrichi le site de ton beau poème au soleils noirs maculés d'or et de sang...

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